Olivia Rosenthal fait débuter son roman par l’énonciation d’un fait divers : Monsieur T. a poignardé sa femme. Il s’avère être atteint de la maladie d’Alzheimer et n’était donc pas en pleine possession de ses moyens. Mais ce geste est suffisamment énigmatique pour inaugurer une enquête sur la maladie d’Alzheimer, nommée « maladie de A » par la narratrice, qui questionne aussi bien la maladie que le discours qui l’entoure.

 

On n’est pas là pour disparaître, mis en scène par la jeune strasbourgeoise Charlotte Lagrange, est construit sur une multiplication de points de vue, comme pour tourner autour des questions posées par la maladie d’Alzheimer.

 

C’est une manière de s’approcher de la vérité de cette maladie dont il manquera toujours le témoignage. Faire jouer ce texte sous forme de monologue permet de rendre compte de la manière dont la narratrice se projette dans l’altérité pour faire un chemin de compréhension. Ses différents points de vue se relient, avancent ensemble, s’éveillent les uns aux autres par des associations d’idées ou de sons. Ils sont ainsi les voix multiples et contradictoires d’une seule personne. Et cette confusion intérieure fait exister chez la narratrice la confusion identitaire que révèle la maladie d’Alzheimer.

Samedi 09 octobre 2010
10:45 | Kulturhaus Niederanven